Basilique Saint-Seurin

Bordeaux : Basilique Saint-Seurin, racines paléochrétiennes de la cité Au nord de la ville, la Basilique Saint-Seurin veille sur la nécropole antique depuis seize siècles, gardienne des origines chrétiennes de Bordeaux. Fondée au VIe siècle sur un cimetière gallo-romain, elle fut étape majeure du pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle et l'une des deux grandes basiliques funéraires de la cité antique. Classée Monument historique en 1840, sa crypte paléochrétienne demeure le plus ancien témoignage chrétien bordelais. Roman bordelais et crypte mérovingienne L'histoire de Saint-Seurin commence au IVe siècle : une nécropole gallo-romaine s'étend hors les murs de Burdigala, près de la première cathédrale Saint-Étienne. Dès le VIe siècle, l'évêque Amandus y édifie une chapelle honorant Severinus, quatrième évêque légendaire. Détruite par les Normands au IXe siècle, elle renaît au XIe siècle sous forme d'église romane majeure : nef unique de quarante mètres de longueur, transept peu saillant, chœur profond entouré de cinq chapelles rayonnantes ajoutées au XVe siècle. Cette architecture sobre, caractéristique du roman bordelais, privilégie la puissance des piliers carrés et des voûtes en plein cintre aux fantaisies gothiques. Le portail occidental gothique du XIIIe siècle constitue un trésor sculptural : quatorze statues apostoliques, chapiteaux romans illustrant le sacrifice d'Abraham, Jugement Dernier. Les fouilles de Camille Jullian et Paul Courteault en 1910 révélèrent une mosaïque paléochrétienne et des sarcophages finement sculptés de feuillages et fruits. Au XVIIIe siècle, l'architecte Jean-Baptiste Augier revoûte l'église, surélève le sol de trois mètres, ensevelissant la crypte. Pierre-Alexandre Poitevin lui donne en 1838 sa façade néo-romane actuelle, ornée des statues de Saint-Seurin et Saint-Amand par Dominique Maggesi. La crypte, ouverte au public en 1974, révèle vingt mètres sur douze de vestiges exceptionnels : sarcophages monolithes du IVe-Ve siècle, mausolées décorés de fresques, enclos funéraires, chapiteaux gallo-romains recyclés, amphores orientales, cinq cents pièces de monnaie. Le tombeau de Saint-Fort, imposant sarcophage du XVIIe siècle, domine la nef centrale. Ces reliques — dont l'olifant de Roland empli d'or selon la légende — attirèrent des pèlerins médiévaux par milliers. La légende la plus envoûtante concerne l'olifant de Roland : ce cor rempli d'or, déposé sur l'autel au VIIIe siècle par Charlemagne en mémoire de Roncevaux, aurait attiré les pèlerins jusqu'à la Révolution. Fondus pour la monnaie, les lingots disparurent, mais la tradition persiste que Saint-Seurin protège les voyageurs des embuscades nocturnes. Informations Pratiques Accès gratuit à la basilique. Crypte : 2 € (adulte), gratuit (enfants moins de 12 ans). Horaires : lundi 14h-18h ; mardi-samedi 10h-12h et 14h-18h ; dimanche 14h-18h. Crypte fermée dimanches et jours fériés. Visites guidées gratuites organisées (se renseigner office tourisme). Durée recommandée : quarante-cinq minutes crypte + basilique. Tram ligne C (arrêt Saint-Seurin). Bus multiples. Parking gratuit proche. Accessibilité PMR crypte limitée (escaliers). Visites Journées du Patrimoine gratuites septembre. Où les sarcophages millénaires chuchotent les premiers murmures du christianisme bordelais aux âmes attentives.

Date : Toute l'année • Tous les jours. Lieu : Place Martyrs de la Résistance 33000 Bordeaux.