Château de Budos
Budos : Château de Budos, palais clémentin des oncles papaux Sur son éperon dominant la vallée du Ciron, le Château de Budos élève ses ruines romantiques depuis sept siècles comme un défi au temps. Contemporain du palais de Villandraut, ce palais-forteresse fut édifié par Raymond Guilhem de Budos, neveu du pape gascon Clément V. Inscrit Monument historique depuis 1988, il révèle encore ses tours circulaires et ses mâchicoulis préservés par une restauration patiente. Palais clémentin et innovations défensives En 1305, Raymond Guilhem de Budos, enrichi par la générosité de son oncle Bertrand de Got — pape Clément V depuis 1305 — entreprend la reconstruction totale de la forteresse familiale. Inspiré du palais pontifical de Villandraut, il adopte un plan carré de quarante mètres de côté, cantonné de quatre tours d'angle saillantes : trois cylindriques de treize mètres de diamètre, une octogonale à l'entrée. Les courtines crénelées, hautes de dix mètres, relient ces tours par des mâchicoulis protecteurs. L'entrée se défend par une tour-porte carrée surmontée d'une barbacane, système défensif sophistiqué du début du XIVe siècle. Cette architecture « clémentine » révolutionne la fortification gasconne : contrairement aux donjons isolés, le palais-forteresse juxtapose efficacité militaire et confort seigneurial. Les tours ne sont pas simplement défensives : elles abritent des appartements aux latrines ménagées dans l'épaisseur des murs, des cuisines au rez-de-chaussée, des chambres hautes aux cheminées monumentales. La cour intérieure, organisée en terrasses successives selon le relief naturel, accueillait les communs — écuries, pressoirs, magasins — protégés par un chemin de ronde continu. Les archères cruciformes, adaptées aux arbalètes, témoignent d'une science militaire précise. Aux XVIe siècle, les La Roque, nouveaux seigneurs, adoucissent la forteresse : fenêtres élargies, toitures mansardées, décor Renaissance. Mais la Révolution française marque le déclin : vendu comme bien national en 1793, le château sert de carrière pendant dix ans. Léo Drouyn, archéologue visionnaire, arrête les destructions en 1841. Depuis 1988, l'association Adichatz stabilise les ruines : consolidation des tours, reconstitution partielle des créneaux, fouilles archéologiques révélant les souterrains et la chapelle disparue. La plus émouvante découverte concerne la glaciaire du XVIIe siècle, à trois cents mètres à l'ouest : ce puits conique coiffé d'un « chapeau chinois » en pierre blonde — rareté architecturale — conservait la glace des étangs voisins pour les étés chauds des seigneurs. Ce vestige intact révèle le luxe quotidien d'une noblesse gasconne prospère. Informations Pratiques Accès extérieur gratuit permanent. Visite guidée intérieure (sur réservation 48h à l'avance) : 3 € (adulte), gratuit (moins de 6 ans). Horaires visites : toute l'année sur demande Association Adichatz (06 88 12 36 66). Journées du Patrimoine septembre gratuites. Durée : une heure. Parking gratuit. Sentier pédestre balisé vignes Ciron. Accessibilité PMR extérieure. Vignoble entourant château (Château de Budos vins blancs secs). Chiens tenus en laisse. Où les tours clémentines veillent encore sur la vallée du Ciron, gardiens silencieux d'un pape gascon.
Date : Toute l'année • Tous les jours. Lieu : Rue du Château 33720 Budos.