Château de Cadillac

Cadillac : Château de Cadillac, palais ducal de l'Epernon Surplombant la Garonne de ses douves sèches, le Château de Cadillac déploie depuis quatre siècles sa majesté néoclassique comme un manifeste d'apparat royal. Bâti entre 1599 et 1640 par Jean-Louis de Nogaret de La Valette, duc d'Épernon et favori d'Henri IV, ce palais constitue l'un des premiers exemples d'architecture « à la française ». Monument national depuis 1956, il évoque à la fois le faste des grands du XVIIe siècle et la dure réalité de sa seconde vie comme première prison féminine de France. Renaissance classique et fastes d'Épernon Jean-Louis d'Épernon, pair de France, maréchal, gouverneur de Guyenne, décide en 1599 de raser la bastide médiévale pour ériger un palais digne de son rang. Jacques Androuet du Cerceau, architecte royal, conçoit un plan en U autour d'une cour d'honneur de soixante mètres de côté : corps de logis principal de quarante mètres flanqué de deux ailes en retour d'équerre, quatre pavillons d'angle carrés. Les façades basses et puissantes déploient des pilastres doriques cannelés, un entablement continu orné de métopes et triglyphes, des fenêtres en plein cintre encadrées de cartouches. Cette sobriété monumentale, inspirée des châteaux de la Loire, annonce le classicisme louis-quatorzien. L'intérieur révèle des splendeurs préservées : vingt cheminées monumentales de marbre polychrome à la française, plafonds peints à caissons, volets intérieurs ornés de grotesques, tapisseries des Gobelins et Aubusson tissées dans les sous-sols du château. La grande salle des gardes, aux boiseries sculptées, accueillait les illustres visiteurs : Louis XIII, Anne d'Autriche, Richelieu, Mazarin, Molière. Les appartements ducaux, avec leurs lits à baldaquin et leurs secrétaires d'acajou, témoignent d'un luxe provincial rivalisant avec les résidences parisiennes. À la Révolution, le palais devient en 1822 la « Centrale de Cadillac », première prison pour femmes de France. Cent trente ans durant, jusqu'en 1952, ses cachots, ses ateliers, ses « cages à poules » de 1,50 m sur 2 m abritent dix mille détenues — de la femme adultère à la voleuse de pain. Les combles, transformés en dortoirs, conservent encore les traces de cette vie carcérale. La plus poignante ironie concerne les tapisseries : tissées dans les sous-sols du château par les pensionnaires royales, elles furent détruites à la Révolution pour la plupart. Celles exposées aujourd'hui, prêtées par les Monuments Nationaux, restituent fidèlement le faste ducal perdu. Informations Pratiques Tarif : 7 € (adulte), 4 € (réduit 18-25 ans, étudiants, demandeurs emploi), gratuit (moins de 18 ans, 1er dimanche mois hors juillet-août). Billet jumelé Abbaye La Sauve-Majeure : 11 €. Horaires 2025 : 26 mai-28 septembre 10h-13h15 et 14h-18h (quotidien) ; 29 septembre-mai 10h-12h30 et 14h-17h30 (mardi-dimanche). Dernier accès 1h avant fermeture. Fermé 1er janvier, 1er mai, 25 décembre. Durée recommandée : une heure trente. Parking gratuit. Audioguide 2 €. Visites guidées sur réservation. Accessibilité PMR. Jardin public gratuit. Boutique. Où les cheminées ducales contemplent encore la Garonne depuis les hauteurs de leurs rêves couronnés.

Date : Toute l'année • Tous les jours • Fermetures ponctuelles : 01/01/2027, 01/05/2026, 25/12/2026. Lieu : 4 Place de la Liberation 33410 Cadillac-sur-Garonne.