Château de la Verrerie
Oizon : Château de la Verrerie, Reflet Renaissance au bord de l'étang solognot À la lisière du Berry et de la Sologne, le château de la Verrerie surgit dans un écrin forestier comme une vision romantique où la pierre blonde se reflète dans les eaux calmes d'un vaste étang. Construit à partir de la fin du XVe siècle par Béraud Stuart, connétable de France et petit-fils de Jean Stuart de Darnley à qui Charles VII avait offert en 1422 le comté d'Aubigny en remerciement de l'aide écossaise durant la guerre de Cent Ans, cet édifice illustre parfaitement la transition entre le gothique finissant et la Renaissance italienne. Le corps de logis principal, la chapelle et le porche datent de cette première phase constructive voulue par Béraud Stuart à son retour des campagnes d'Italie, tandis que la spectaculaire galerie sud à neuf arcades Renaissance fut ajoutée vers 1525 par son neveu et gendre Robert Stuart de Lennox, maréchal de France et compagnon d'armes de Bayard et François Ier lors des batailles de Marignan et Pavie. L'architecture témoigne de cette double influence : côté nord, le logis Louis XII affiche la sobriété élégante de la fin du gothique avec ses hautes toitures d'ardoise et ses tours carrées massives, tandis que côté sud, la galerie Renaissance déploie ses arcades ouvertes inspirées des palais italiens découverts lors des expéditions militaires françaises. Cette juxtaposition stylistique, loin de créer une disharmonie, raconte visuellement le basculement artistique d'une époque où la France abandonnait progressivement ses répertoires médiévaux pour embrasser les formes nouvelles venues de la péninsule transalpine. L'escalier à vis en hors-d'œuvre, caractéristique de l'architecture française de cette période charnière, assure la liaison verticale entre les différents niveaux avec une élégance fonctionnelle. Le domaine demeura propriété des Stuart durant deux siècles et demi avant de revenir à la Couronne en 1670 à la mort du dernier représentant de cette lignée franco-écossaise. Louis XIV l'offrit alors à Louise de Kéroualle, duchesse de Portsmouth et favorite du roi d'Angleterre Charles II, maintenant ainsi le lien avec les îles britanniques. Au XIXe siècle, les marquis de Vogüé sauvèrent le château de l'abandon et lui rendirent sa splendeur, restaurant avec soin les façades et aménageant les intérieurs dans le goût romantique de l'époque. Anecdote Le nom du château provient d'une petite manufacture de verre qui existait au bord de l'étang avant la construction de l'édifice et qui fut démolie en 1815, bien longtemps après avoir cessé toute activité. Cette verrerie médiévale, établie à proximité de la forêt qui fournissait le combustible nécessaire à la fusion du verre, avait donné son nom au lieu-dit bien avant que les Stuart n'y édifient leur pavillon de chasse devenu château. Alain-Fournier, auteur du Grand Meaulnes, affectionnait particulièrement ce lieu et aimait se promener dans les allées forestières environnantes, trouvant dans cette atmosphère de lac et de forêt l'inspiration mélancolique qui imprègne son unique roman publié en 1913. Informations pratiques Tarif : château et parc 10 €, château seul 9 €, parc seul 2 à 3 €, tarif réduit 6 à 7 € pour étudiants et demandeurs d'emploi, gratuit pour les moins de 7 ans. Horaires et accès : le château se situe au 225 route de la Verrerie à Oizon, ouvert en juin du mercredi au dimanche de 14h à 18h, en juillet-août tous les jours de 10h30 à 12h30 et de 14h à 18h, en septembre du mercredi au dimanche de 14h à 18h, d'octobre à novembre les week-ends de 14h à 18h. Fermé de décembre à mars. Durée visite : prévoir 1h15 à 1h30 pour découvrir les pièces meublées du château et déambuler dans le parc romantique bordant l'étang, davantage si vous souhaitez longer les sentiers forestiers environnants. Entre reflets lacustres et arcades italiennes, la Verrerie perpétue le rêve solognot d'une Écosse devenue berrichonne par la grâce d'une alliance royale.
Date : mars à novembre • Tous les jours. Lieu : La verrerie 18700 Oizon.