Château de Monbazillac

Monbazillac : Château Renaissance et vignoble de liquoreux "Or du Périgord" Le Château de Monbazillac est une gentilhommière gasconne du seizième siècle dominant la vallée de la Dordogne, à dix kilomètres au sud de Bergerac, entouré de vignobles réputés mondialement pour la production de vins liquoreux exceptionnels. Bâti entre 1550 et 1582 par Charles d'Aydie, seigneur local, le château présente une architecture typique : rectangle massif cantonné aux quatre angles de grosses tours circulaires, percé de fenêtres à meneaux gothiques, défendu par un fossé dont subsistent les traces.paste.txt​ L'originalité architecturale réside dans l'absence de machicoulis ou de créneaux apparents : le château combine systèmes défensifs médiévaux et confort Renaissance, mâchicoulis discrets percés dans les tours, chemin de ronde couvert offrant protection discrète. Classé au titre de monument historique, le château devint propriété protestante en 1607 quand Louis de Bouchard d'Aubeterre, huguenot fortuné, acquit l'édifice, transformant le lieu en refuge spirituel huguenot au cœur d'une région déchirée par les guerres de Religion. En 1666, Pierre Barraud, mercier protestant aisé, acheta le château et ses vignobles, entamant accumulation de richesses viticoles qui durerait deux siècles, ses descendants devenant marchands de vins réputés commercialisant le Monbazillac à travers l'Europe protestante. L'anecdote la plus dramatique concerne l'abjuration forcée de 1685 : le vingt-cinq juin, la veuve de Pierre Barraud, femme protestante de conviction profonde, fut contrainte d'abjurer solennellement sa foi devant le clergé catholique le matin même de son mariage d'intérêt avec Elzéar de Luxe de Capian, aristocrate catholique ; ce remariage constitua transaction politique consacrant la défaite protestante : trois mois plus tôt, la Révocation de l'Édit de Nantes par Louis XIV avait rendu culte réformé illégal en France, des centaines de châteaux protestants furent confisqués ou pillés, la veuve de Barraud choisit compromis matrimonial plutôt que martyre, perdant identité religieuse contre titre de vicomtesse, symbole ultime du revers tragique dont Monbazillac devint témoin silencieux. La propriété fut vendue en 1777 à François Hilaire de Bacalan, bourgeois bergeracois enrichi par le négoce, qui y apporta amélioration majeure : plantations massives étendant vignoble de cinq à vingt hectares, traçabilité commerciale établissant réputations du terroir. La Révolution française n'endommagea pas le château : Bacalan, abjurant sa particule nobiliaire, devint maire de Monbazillac en 1790 et prouva loyalisme républicain exemplaire, le château échappant aux destructions ravageuses subies par tant d'édifices aristocratiques en ces années sanglantes. Le château resta propriété privée jusqu'en 1960 quand la Cave coopérative de Monbazillac l'acquit pour en faire musée viticole, transformation décisive qui préserva le patrimoine bâti et permit développement touristique contrôlé. Le Monbazillac, ce vin blanc liquoreux d'or pâle, doit son caractère unique au Botrytis cinerea, minuscule champignon microscopique transformant raisins mûrs en sucres complexes concentration remarquable, réputé depuis le dix-septième siècle quand exilés protestants révoqués le commercialisaient en Hollande. Réputé aux cours royales d'Europe du dix-septième siècle en compétition avec les Sauternes bordelais, le Monbazillac retrouva grandeur internationale au vingtième siècle grâce exportations massives vers Angleterre et marchés protestants nordiques, patrimoine commercial reflétant histoire religieuse franco-périgourdine. Le château accueille aujourd'hui deux musées permanents : Musée de la Vigne et du Vin relatant histoire viticole locale, et exposition permanente « Monbazillac, au cœur des révoltes protestantes » contextualisant château dans luttes religieuses du seizième et dix-septième siècles. Depuis 2024, rénovation complète transforma expérience visite : technologie immersive, mappings vidéo, énigmes ludiques, dégustations commentées par oenologues créant dialogue entre patrimoine bâti et saveurs vin, entre histoire humaine et géographie gustative. Informations pratiques : Adresse : Le Bourg, 24240 Monbazillac Téléphone : 05 53 61 52 52 Tarif (janvier 2026) : Parcours Monbazill'Art (accès château et dégustation simple) : Adulte onze euros soixante-quinze | Enfant (six à dix-sept ans) sept euros cinquante | Gratuit enfants moins de six ans Parcours Monba'licieux (visite intégrale et dégustation commentée trois vins) : Adulte dix-sept euros cinquante | Enfant sept euros cinquante Pass Monbassadeur (accès illimité un an) : Adulte vingt-trois euros cinquante Pack famille (deux adultes deux enfants) : Trente-deux euros (Monbazill'Art) ou quarante-trois euros (Monba'licieux) Groupe (minimum quinze personnes) : Neuf euros quarante adulte | Enfants primaire trois euros soixante | Enfants secondaire cinq euros soixante Horaires : Tous les jours dix heures à dix-huit heures (dernier accès dix-sept heures). Juillet-août dix heures à vingt heures. Mars weekend uniquement. Fermé 25 décembre Durée de visite : Une heure trente à deux heures selon parcours Accessibilité : Accès PMR partiellement possible rez-de-chaussée ; escaliers nombreux aux étages

Date : Toute l'année • Tous les jours • Fermetures ponctuelles : 25/12/2026. Lieu : 4 Route du Château 24240 Monbazillac.