Château de Rastignac
La Bachellerie : Château de Rastignac, la « Maison-Blanche » du Périgord Posé sur un rebord de plateau boisé, le château de Rastignac se repère de loin à sa façade néoclassique claire, tournée vers la vallée. Ce grand corps de logis aux lignes rigoureuses, orné d’un portique en rotonde, rappelle de façon troublante la Maison-Blanche de Washington. Propriété privée aujourd’hui morcelée en appartements, il se contemple surtout de l’extérieur, comme un élégant décor posé dans le paysage. Thème : demeure néoclassique et jumeau périgourdin de la Maison-Blanche Sur le site d’un ancien château mentionné dès le XVᵉ siècle, la demeure actuelle est édifiée entre 1811 et 1817 à l’initiative de Pierre-Jean Chapt de Rastignac, selon les plans de l’architecte Mathurin Salat, dit Blanchard. Elle adopte un langage néoclassique très pur : façade principale rythmée par un avant-corps en rotonde, six colonnes ioniques supportant un fronton, baies régulières, toiture discrète qui laisse toute la vedette au portique. Ce parti pris « palladien » s’inscrit dans un courant européen d’architecture aristocratique inspiré des villas italiennes, que l’on retrouve aussi bien en Irlande qu’en France. L’incroyable ressemblance avec la Maison-Blanche a nourri des débats passionnés : certains avancent que des dessins préparatoires de Rastignac, réalisés avant la Révolution, auraient pu être vus par Thomas Jefferson lors de son passage à l’école d’architecture de Bordeaux, avant la construction de la résidence présidentielle américaine ; d’autres défendent au contraire l’idée d’une simple convergence stylistique autour des mêmes modèles néoclassiques. Au XXᵉ siècle, Rastignac connaît des heures sombres : incendié par les troupes allemandes en 1944, il perd ses toitures et ses aménagements intérieurs. Une importante campagne de restauration est menée au début des années 1950 par l’architecte en chef des Monuments historiques Yves-Marie Froidevaux, qui redonne au château sa silhouette, ses toitures et son escalier monumental. Après une période d’abandon, l’édifice est racheté au tournant des années 2000 par un groupe de copropriétaires néerlandais, divisé en logements privés, tandis que façades, toitures, communs, vestibule et parc sont protégés au titre des monuments historiques. Anecdote singulière L’histoire a retenu une image saisissante : en 1944, les Allemands mettent volontairement le feu au château, en représailles, en arrosant la bibliothèque d’essence avant d’y jeter une grenade. On raconte que le portique, noirci mais encore debout, se dressait comme une coquille vide face à la vallée, préfigurant la résurrection future du « double » périgourdin de la Maison-Blanche. Informations Pratiques Tarif : gratuit – château non visitable, propriété privée découpée en appartements ; seules les vues extérieures sont accessibles. Horaires : observation possible toute l’année depuis les routes et points de vue environnants, notamment depuis l’autoroute A89 entre Brive et Périgueux ; des ouvertures exceptionnelles (visites commentées par les propriétaires) peuvent être proposées lors des Journées européennes du Patrimoine, sur inscription. Durée visite : prévoir 20 à 40 minutes pour un arrêt-paysage et l’observation des façades à distance. Détails supplémentaires : aucun accueil touristique ni parking dédié au pied du château ; stationnement à prévoir dans le village de La Bachellerie et approche en restant strictement sur l’espace public, dans le respect de la tranquillité des résidents. Où, au détour d’une route ou depuis le ruban de l’autoroute, Rastignac apparaît comme un mirage de pierre blonde, offrant au voyageur l’illusion fugace d’apercevoir la Maison-Blanche au cœur du Périgord.
Date : Toute l'année • Tous les jours. Lieu : 980 Chemin de Rastignac 24210 La Bachellerie.