Cité gallo-romaine Vesunna
Périgueux : Cité gallo-romaine Vesunna, capitale romaine des Pétrocores et vestige urbain millénaire Au creux d'une boucle généreuse de la rivière Isle, la cité antique de Vesunna, fondée entre 25 et 16 avant notre ère par Auguste, incarne la « petite Rome » du Périgord. Capitale du peuple gaulois des Pétrocores, elle s'étend sur 60 hectares dans l'actuel quartier de la Cité. Cette ville nouvelle respire l'ordre romain précoce : forum monumental, amphithéâtre géant de cent quarante mètres, sanctuaires grandioses, demeures aristocratiques (domus) richement décorées de peintures murales. Vesunna prospère du Ier au IIIe siècles, symbolisant apothéose de la romanisation gauloise. Aujourd'hui, ses vestiges—conservés sous l'architecture contemporaine de Jean Nouvel—témoignent d'une fusion pérenne entre civilisation romaine et âme gauloise celtique. Naissance de l'urbanisme romain en Aquitaine gauloise Avant la conquête romaine, les Pétrocores occupaient l'oppidum fortifié, « la Boissière », sur les hauteurs proches. À l'époque augustéenne, ce camp celtique abandonne la place à Vesunna, ville neuve édifiée selon les normes urbanistiques romaines rigoureuses. La fondation s'effectue probablement vers 16avant notre ère : l'opération administrative d'Auguste réorganisant en provinces gauloises. Vesunna devient municipe, statut intermédiaire conférant des droits politiques limités aux cités gallo-romaines. La croissance démographique s'accélère rapidement. Vers 40 après notre ère, la ville dispose déjà d'un forum substantiel et d'un amphithéâtre monumental en chantier. Entre 40 et 150 après notre ère, une construction systématique orchestre ville : le grand temple dédié à la déesse Vésone se dresse en pierre blonde imposante, domptant le paysage urbain. Les notables pétrocores—ancienne élite gauloise devenue aristocratie romaine—construisent des demeures luxueuses : ces domus organisées autour de l' atrium central reflètent la richesse par accumulation du commerce, de l'agriculture et de l' exploitation des mines. L'amphithéâtre de Vesunna : arène géante et spectacles de gladiateurs. L'amphithéâtre de Vesunna rivalise de part ses dimensions avec les plus grandes arènes gallo-romaines. Ses 140 mètres de longueur,118 mètres de largeur, permettent accueillir 18 000 spectateurs assis selon une hiérarchie sociale stricte. Première pierre posée probablement sous le règne deTibère, la construction s'étend sur plusieurs décennies. Aulus Pompeius Dumnotus, tribun militaire ambitieux d'une famille de Pompeia, initie le projet : démonstration de pouvoir familial, prestige municipal, contrôle des masses par spectacle sanguin. L'amphithéâtre devient le lieu cristallisé de l'identité romaine : combats gladiateurs, exécutions criminels condamnés, chasses animaux exotiques, reconstitutions batailles navales (naumachia). Les peintures murales fragmentaires, conservées au musée contemporain, montrent des combats ritualisés, des guerriers armés affrontant des fauves. Les "graffitis" gravés sur les parois témoignent des émotions spectatrices : épouses abandonnées attendant gladiateurs, enfants traçant les noms des héros populaires, amants déclarant passion éternelle. Déclin de Vesunna : remparts IIIe siècle et contraction urbaine. À partir fin IIIe siècle, l'empire romain traverse une crise existentielle : invasions barbares, épidémies massives, récession économique dévastatrice. Les gouvernants décident une contraction territorialité : avec l'abandon de la périphérie urbaine, l'érection de rempart compressant la surface habitable à 6,5 hectares seulement. La démolition systématique des monuments grandioses : pierre détachées amphithéâtre, temple, thermes serve réemploi construction fortifications. Acte symbolique : les ruines propres des splendeurs passées fournissent les matériaux de la servitude présente. L'anecdote remarquable : découverte statuettes romaines détruites en 1688 En 1688, les sœurs visitandines construisant un couvent sur les vestiges de l'amphithéâtre, découvrent une niche murée contenant des statuettes de déesses romaines—probablement Vésone elle-même et compagnes divines. Ces objets d'art sacré païen, témoins religieux gallo-romain intact, posent dilemme : conserver un patrimoine archéologique ou détruire les idoles offensantes. La mentalité religieuse résout la question : les statuettes sont broyées à titre « idoles païennes » nuisant au salut chrétien. Ce geste destructeur—effacement materiel conscience pré-chrétienne—symbolise la rupture des civilisations : l'antique Vesunna s'efface définitivement derrière Périgueux chrétienne médiévale. Informations pratiques Tarif : Adultes 8euros. Tarif réduit 5euros. Gratuit enfants moins dix-huit ans. Billet jumelé deux musées (VESUNNA + MAAP) 12euros plein tarif. Groupes plus dix personnes 6euros par personne, visite guidée comprise. Horaires : Mercredi à dimanche dix heures à dix-sept heures trente. Lundi-mardi fermeture. Gratuit premier dimanche mois (sauf juin-septembre). Accès : Périgueux, quartier de la Cité, rue du vingt-six Régiment d'Infanterie. Parkings proches payants (deux euros deux heures). Accès PMR satisfaisant. Audioguide français anglais allemand espagnol néerlandais. Durée : Une heure trente visite libre. Deux heures visite guidée accompagnée. Trois heures intégrant circuit amphithéâtre-tour Vésone-musée complet. Détails : Expositions temporaires régulières. Ateliers enfants réguliers. Wi-Fi disponible. Boutique archéologique bien fournie.
Date : Toute l'année • Tous les jours. Lieu : 20 Rue du 26e Regiment d’Infanterie 24000 Périgueux.