Gisement de La Micoque

Les Eyzies-de-Tayac-Sireuil : Gisement de La Micoque, aux origines de la vallée de l’Homme Au fond de la discrète vallée de la Manaurie, affluent de la Vézère, le gisement de La Micoque ressemble d’abord à une simple barre rocheuse au pied de la colline. Pourtant, sous cette falaise modeste se cache l’un des sites majeurs de la préhistoire européenne : ici ont été mises au jour les plus anciennes traces connues d’occupation humaine en Périgord, vieilles de plusieurs centaines de milliers d’années. Thème : grand gisement de plein air du Paléolithique ancien Découvert en 1895 à la suite de travaux agricoles, le gisement de La Micoque livre rapidement une abondance d’outils en silex qui attire les plus grands préhistoriens de l’époque. Fouillé presque sans interruption jusqu’aux années 1930, puis réétudié par les chercheurs contemporains, le site présente une stratigraphie exceptionnelle, épaisse d’une dizaine de mètres, couvrant environ 170 000 ans d’occupations successives par des groupes pré‑néandertaliens. Contrairement à de nombreux sites de la vallée, il ne s’agit ni d’une grotte ni d’un abri sous roche, mais d’un gisement de plein air installé sur une ancienne terrasse de la Manaurie, au pied d’une paroi calcaire. Les couches archéologiques ont livré un véritable « catalogue » d’industries lithiques : niveaux acheuléens avec bifaces massifs, séries attribuées au Tayacien, au Micoquien et au Moustérien ancien, définies en partie grâce à La Micoque même. Pas de restes humains ni de foyers identifiés ici, mais des milliers d’outils et d’éclats de silex racontent la fréquentation récurrente de ce lieu par des groupes de chasseurs venus exploiter ressources en eau, galets et faune de la vallée. Classé monument historique et inscrit dans la série des « Sites préhistoriques et grottes ornées de la vallée de la Vézère » au patrimoine mondial de l’UNESCO, le gisement se visite aujourd’hui en petit groupe, accompagné par un médiateur qui aide à lire, sur la coupe stratigraphique, les différentes « pages » de cette très longue histoire. Anecdote singulière Longtemps, le terme « Micoquien » a désigné, dans tous les manuels de préhistoire, une culture lithique caractérisée par des bifaces allongés définie à partir des découvertes de La Micoque. Les recherches récentes ont montré que les couches correspondantes avaient été largement vidées lors des premières fouilles, au point d’effacer la « couche éponyme » ; le nom, lui, a continué à voyager bien au‑delà de la vallée, jusqu’aux gisements d’Europe centrale. Une culture porte donc encore le nom de ce vallon périgourdin, alors que sa couche d’origine a presque disparu. Informations Pratiques Tarif : visite payante, uniquement en visite accompagnée. En 2025, formule « Les Sentiers de la Préhistoire – Gisement de La Micoque » : adulte 9 € par site, jeunes de 7 à 18 ans et publics spécifiques 4 € ; réservation en ligne obligatoire, nombre de places limité. Horaires : site accessible sur rendez‑vous, selon une programmation de visites ponctuelles ou saisonnières (souvent au printemps et en été) proposée par les Sites préhistoriques des Eyzies ; calendrier actualisé à consulter avant le séjour. Durée visite : environ 1 h de visite accompagnée sur place, prévoir 1 h 30 au total avec l’approche pédestre depuis le point de rendez‑vous. Détails supplémentaires : gisement de plein air en bord de vallée, accessible par un chemin sans difficulté majeure mais avec quelques escaliers et passages en terrain irrégulier ; chaussures fermées recommandées. Visite idéale en complément du Musée national de Préhistoire des Eyzies, où sont présentés de nombreux objets issus de La Micoque. Où, devant la falaise discrète de La Micoque, les strates de sédiments deviennent un livre ouvert sur 400 000 ans d’humanité, et invitent le visiteur à imaginer, bien avant Cro‑Magnon, les tout premiers pas de l’homme en vallée de la Vézère.

Date : Toute l'année • Tous les jours. Lieu : Chemin de la Micoque 24620 Les Eyzies.