L’Abbaye Bénédictine de Brantôme

Brantôme : Abbaye bénédictine troglodytique et clocher roman millénaire L'abbaye bénédictine de Brantôme est un ensemble monastique unique fondé selon la légende en 769 par Charlemagne, qui y aurait déposé les reliques de saint Sicaire. Située en Dordogne sur les berges de la Dronne, cette abbaye présente la singularité remarquable d'être partiellement creusée dans une falaise calcaire, témoignage de ses origines troglodytiques du huitième siècle. Détruite deux fois par les incursions normandes en 848 et en 857, l'abbaye fut reconstruite progressivement à partir du dixième siècle et retrouva la prospérité au cours des douzième et treizième siècles, devenant étape majeure pour les pèlerins se rendant à Compostelle.paste.txt​ Son clocher roman datant du onzième siècle est certainement le plus ancien campanile de France, avec la particularité extraordinaire de ne pas surmonter l'église mais d'être bâti sur le surplomb rocheux de douze mètres de hauteur qui la domine. Le cloître, partiellement conservé depuis le quatorzième siècle, abrite des galeries dont l'architecture délicate contraste avec les murs épais de l'église abbatiale, reconstruite au quinzième siècle dans un style gothique après les dévastations de la Guerre de Cent Ans. L'extraordinaire grotte du Jugement dernier, aménagée au quinzième siècle, renferme deux bas-reliefs monumentaux d'inspiration italienne représentant le jugement des âmes et une crucifixion mystérieuse, gravés directement dans la roche. À l'intérieur de la falaise, dix grottes environ aménagées par les moines témoignent de la vie quotidienne abbatiale : chauffoir, lavoir, moulin, pigeonnier troglodytique et même pisciculture d'alevins de saumon, constituant un habitat sous-rocheux unique en France. L'abbé commendataire le plus illustre demeure Pierre de Bourdeille, dit Brantôme, qui dirigea l'abbaye de 1558 à 1614 et devint célèbre mémorialiste Renaissance ; nommé abbé en compensation du drame familial—son frère cadet Jean tué à Hesdin en 1553—, il transforma ce rôle abbatial de pure sinécure en vocation authentique, protégeant activement son monastère pendant les guerres de Religion en ouvrant ses portes aux réformés sans jamais compromettre son intégrité spirituelle, geste paradoxal qui sauve l'abbaye de l'anéantissement quand tant d'autres églises furent ravagées ou pillées. Pillée et transformée partiellement en forteresse par les Anglais en 1404 pendant la Guerre de Cent Ans, l'abbaye fut restaurée dès 1465 pour l'église et 1480 pour le cloître par la communauté bénédictine qui retrouvait peu à peu prospérité et stabilité. En 1636, la congrégation de Saint-Maur absorba l'abbaye ; les mauristes entreprirent une reconstruction complète des bâtiments conventuels, restauration monumentale qui transforma le site en ensemble architectural harmonieux mêlant Moyen Âge et époque moderne. Classée au titre de monument historique depuis 1840, l'abbaye de Brantôme accueille désormais deux musées municipaux dans ses bâtiments conventuels du dix-huitième siècle, tandis que les grottes troglodytiques demeurent accessibles au public. Informations pratiques Adresse : 14 boulevard Charlemagne, 24310 Brantôme en Périgord Téléphone : 05 53 05 80 63 Tarif ) : Grotte du Jugement dernier (visite libre) cinq euros | Visite commentée 8,50 euros | Cloître, église et clocher (visite guidée) 7,50 euros | Billet jumelé 11 euros Horaires (janvier) : Grottes fermées au public janvier et février (fermeture annuelle) Durée de visite : Une heure pour grottes | Une heure quinze pour cloître et clocher Accessibilité : Accès limité ; escaliers nombreux au clocher (cent trente marches)

Date : mars à décembre • Tous les jours. Lieu : 20 Boulevard Charlemagne 24310 Brantôme en Périgord.