Le Petit monde de Marcel Pagnol

Aubagne : Petit Monde de Marcel Pagnol, Quand l'argile murmure la Provence Aubagne respire Marcel Pagnol depuis sa naissance en 1895. Sous le Garlaban aux flancs blanchis de chèvres, l'écrivain-cinéaste a jeté les fondations de son univers : des collines bruissantes de cigales, des vendangeurs courbés, des créchistes pétrissant l'argile rouge. En 1974, quarante ans après la mort du patriarche littéraire, les santonniers aubagnais décident d'ériger son mausolée : deux cents figurines modelées par les plus grands artisans de Provence, orchestrées dans une danse silencieuse qui ravit 60 000 visiteurs annuels. L'atelier Thérèse Neveu devient cathédrale d'argile Réimplanté en 2018 dans l'ancien atelier de Thérèse Neveu — légende vivante du santon auvergnien depuis les années 1930 — le musée déploie ses univers avec un synchronisme de technologies féeriques. Éclairages dramatiques, projections vidéo qui métamorphosent les murs en ciels provençaux, bruits environnants qui ressuscitent les ambiances paysannes disparus : vous ne marchez plus ; vous flottez dans le creuset des souvenirs pagnoliens. Deux cents santons habillés, peints, modelés par les dynasties Chave, Neveu, Peirano, Smacchia, Tacchi et Amy constituent une galaxie miniaturisée où chaque figurine respire l'authenticité provençale. Les yeux de verre à sulfure scintillent comme des portails vers des mondes enfantins jamais oubliés. Les décors reconstitués embrassent les mondes littéraires et cinématographiques de Pagnol : la Bastide Neuve surgit des collines de La Treille avec ses chèvres aux cornes recourbées ; le château de la Buzine veille sur les secrets des vendanges ; les bergers conversent avec les vierges ; la nativité provençale s'épanouit avec sa débordante humanité. Chaque scène raconte un chapitre de La Gloire de mon Père, de Le Château de ma mère, de Jean de Florette — les œuvres se cristallisent en argile respirante. L'anecdote qui cristallise le génie Thérèse Neveu s'inspira des visages aubagnais, de la littérature provençale et du folklore local pour créer une centaine de modèles de santons qui demeurent les références artistiques du patrimoine. Elle inventa le santon comme on invente une langue : non pas des figurines abstraites, mais des portraits vivifiés de voisins, d'ancêtres, de personnages entrevisns aux carrefours poussiéreux de la Provence vieille. Ses mains noueuses ont fondé une tradition qui perdure. La symphonie des technologies discrètes Contrairement aux musées qui imposent l'hyper-modernité, ici la technologie se soumet à la tradition. Sons évocateurs d'cigales et de cloches — enregistrés authentiquement à Aubagne — accompagnent le flux. Une application de réalité augmentée permet de voir les décors intérieurs des maisons en miniature s'animer, révélant les tâches domestiques invisibles au premier coup d'œil. Informations Pratiques Tarif : 3 € (enfants 6-16 ans : 2 € ; gratuit pour les moins de 6 ans). Pass 2 musées (Petit Monde + Maison Natale de Pagnol) : 5 € (3 € enfants). Horaires : du mardi au samedi, 9h à 12h30 et 14h à 18h ; fermé les dimanche et lundi. Durée visite : 45 minutes à une heure. Visites commentées proposées chaque samedi à 11h30 (45 minutes, mêmes tarifs). Localisation : Cour de Clastre, centre-ville d'Aubagne. Où l'argile rouge se souvient de ce qu'une âme provençale a murmuré sur les collines, où Marcel Pagnol respire encore dans les gestes des santonniers.

Date : Toute l'année • Tous les jours sauf lundi, dimanche. Lieu : 4 Cour de Clastres 13400 Aubagne.