Musée des Beaux-Arts de Bordeaux

Bordeaux : Musée des Beaux-Arts, palais des Muses européennes Entre les jardins de l'Hôtel de Ville et le Palais Rohan, le Musée des Beaux-Arts de Bordeaux déploie depuis 1801 ses huit mille œuvres dans un écrin néoclassique de la fin du XIXe siècle. Fondé sous le Consulat par le peintre Pierre Lacour, ce sanctuaire artistique présente l'une des plus riches collections françaises hors Paris, couvrant cinq siècles d'art européen. Peintures, sculptures, dessins, gravures : deux mille trois cent quatre-vingt-dix-sept tableaux et six cent soixante-six sculptures illustrent les grands courants du XVIe au XXe siècle. Des primitifs flamands aux audaces modernes L'histoire du musée naît de la saisie révolutionnaire : entre 1794 et 1795, les œuvres pillées dans les églises et les collections aristocratiques forment un fonds initial éclectique. Dès 1801, Pierre Lacour, premier conservateur, en organise l'exposition dans la bibliothèque de l'hôtel de ville. En 1875, Charles Burguet conçoit les ailes actuelles, prolongement du Palais Rohan, avec une façade monumentale de pilastres ioniques et une galerie centrale ornée de colonnes jumelées. Ce palais des Muses, achevé en 1881, accueille depuis lors une collection exceptionnelle. Les primitifs flamands ouvrent le parcours : La Descente de croix de Rogier van der Weyden (vers 1435), La Visitation de Hans Memling, La Vierge au chancelier Rolin de Jan van Eyck — prêts temporaires du Louvre qui enrichissent le fonds permanent. La Renaissance italienne rayonne avec La Descente de croix de Titien (1548), Le Martyre de saint Barthélemy de Rubens (vers 1625), Portrait de femme de Lavinia Fontana, rare témoignage féminin du maniérisme bolonais. L'école flamande domine le XVIIe siècle : La Danse de noces de Jan Brueghel l'Ancien, Le Martyre de saint Georges et Le Miracle de saint Just de Rubens, Portrait de Marie de Médicis d'Anton van Dyck. Le XVIIIe siècle français s'illustre par La Fuite en Égypte de Gabriel Allegrain, Nature morte aux morceaux de viande de Chardin, La Présentation au Temple de Jean Restout. Le XIXe siècle offre un panorama complet : La Mort de Sardanapale de Delacroix, La Leçon de musique de Corot, Les Demoiselles de la nuit de Gustave Moreau, Danseuses de Degas. Le XXe siècle révèle Les Grandes Baigneuses de Renoir, L'Homme au chapeau de paille de Boudin, La Famille de Picasso (1906). Les sculptures complètent ce voyage : La Mort de Didon de Jean-Baptiste Lemoyne, Amour et Psyché de Pajou, Le Baiser de Rodin. La galerie des arts graphiques conserve trois mille trois cent vingt-huit dessins — dont Étude de femme de Raphaël — et mille cinq cent soixante-quatre estampes. La plus captivante histoire concerne Le Martyre de saint Georges de Rubens, prélevé par les révolutionnaires à l'église Saint-Michel : ce tableau monumental (3,55 × 2,55 m), commandé en 1614 pour l'autel des Carmes, traversa les siècles de vicissitudes — sauvé des incendies révolutionnaires, restauré en 1946 après les bombardements de 1943 — avant de trouver refuge définitif au musée en 1801. Informations Pratiques Collections permanentes : 6 € (adulte), 3,50 € (réduit), gratuit (moins de 26 ans UE, 1er dimanche du mois hors juillet-août). Exposition temporaire : 8 € (adulte), 4,50 € (réduit). Couplé collections + expo : 10 € (adulte), 6 € (réduit). Gratuit : moins de 18 ans, étudiants UE moins de 26 ans, minimas sociaux, handicapés + accompagnateur. Horaires : lundi, mercredi-dimanche 11h-18h (fermé mardi, jours fériés). Dernier accès 17h30. Audioguides français/anglais/espagnol : 2,50 €. Visites guidées sur réservation (5 € supplément). Durée recommandée : deux heures. Tram B (arrêt Hôtel de Ville), bus multiples. Parking Pey-Berland payant. Accessibilité PMR complète. Librairie/boutique. Vestiaire gratuit. Où cinq siècles d'art européen murmurent leurs secrets aux regards attentifs des siècles futurs.

Date : Toute l'année • Tous les jours sauf mardi. Lieu : 20 Cours d'Albret 33000 Bordeaux.