Musée Préhistoire
Saint-Porchaire : Musée de la Préhistoire de La Roche-Courbon, Cabinet Archéologique Paléolithique Abrité dans la tour porche du Château de La Roche-Courbon depuis 1949, le Musée de la Préhistoire rassemble deux siècles de stratigraphie archéologique saintongeaise. Conservé par Yves Olivet jusqu'à sa disparition en 2016, ce musée méconnu détient des collections majeures : gravures magdaléniennes exceptionnelles, ossements humains gallo-romains, silex travaillés, parures néolithiques. Il incarne un rare exemple de muséographie préhistorique régionale préservant patrimoine archéologique trop souvent dissimulé dans les grands musées nationaux. Deux Siècles de Fouilles : De 1880 à 2012 L'histoire muséographique débute en 1880 lorsque Eugène Lemarié et Félix Bossé entreprennent les premières fouilles systématiques des grottes du domaine. En 1924, Marcel Clouet découvre trois plaquettes calcaires gravées : deux ornées de mammouths et une représentant une tête de cheval—attribuée à la période aurignacienne-gravettienne (trente mille à dix-neuf mille ans). En 1939, Marcel Clouet fouille la grotte du château découvrant des strates moustériennes (cent quarante mille à quarante mille ans) et aurignaciennes. En 1949, le propriétaire Paul Chénereau fonde le musée. Entre 1956 et 1957, la découverte d'une sépulture est redatée en 1995 par radiométrie carbone 14 : il s'agit d'un squelette gallo-romain de 1870 ans, révélant l'occupation continue plurimillénaire du site. Salle Henry de Lestrange : Initiation à Deux Millions d'Années Le premier étage expose la progression humaine depuis Homo habilis jusqu'à l'Âge du Bronze. Les silex travaillés démontrent l'évolution des techniques de taille : éclats bruts moustériens aux outils spécialisés aurignaciens. Les ossements animaux offrent témoignage de la faune contemporaine : rennes, chevaux, mammouths, ours. Un film de vingt minutes commente les découvertes successives. Le contexte géographique saintongeois—vallée du Bruant glacière, littoral proche, marais intérieurs—justifie l'établissement de habitats préhistoriques. Salle Paul Chénereau : Gravures Magdaléniennes et Patrimoine Régional Le deuxième niveau se spécialise sur la Charente-Maritime. Quatre plaquettes calcaires gravées magdaléniennes (dix-neuf mille à dix mille ans) constituent le trésor principal. L'iconographie saintongeaise demeure exceptionnelle : équidés, mammouths, triangles géométriques témoignent de la créativité paléolithique. Les parures néolithiques—coquillages travaillés, perles—attestent l'expression artistique du Paléolithique tardif. Les grottes du Bouil-Bleu, du Triangle et sépulcrale néolithique livrent matériel continu montrant occupation de cent vingt mille ans. L'Anecdote de 2005 : Découverte d'une Plaquette Magdaléniennes En 2005, Yves Olivet et Thierry Le Roux découvrent une nouvelle plaquette gravée : bloc calcaire orné d'équidé surmonté de triangles géométriques datant de dix-neuf mille ans. Cette découverte rarissime constitue preuve incontestable de la créativité paléolithique saintongeaise longtemps occultée. Informations Pratiques Tarif : Musée inclus visite château. Château seul : 15 € (adulte, visite guidée 45 min), 8 € (enfants 7–15 ans), gratuit (moins 6 ans). Adresse : Château de La Roche-Courbon, 17250 Saint-Porchaire. Horaires 2025 : février-septembre tous jours 10h–19h (samedi 10h–14h) ; octobre-avril lundi-vendredi 10h–18h, week-ends 10h–18h. Durée visite : 45 minutes. Accès PMR limité (escaliers étroits). Parking gratuit. Dans ce musée discret murmure l'écho de dix-neuf mille années d'âmes magdaléniennes, où quatre plaquettes gravées demeurent témoins inébranlables de créativité humaine ancienne.
Date : février à septembre • Tous les jours. Lieu : Château de la Rochecourbon 17250 Saint-Porchaire.