Palais des rois de Majorque

Palais des Rois de Majorque, la capitale fantôme d'un royaume rêvé Édifié entre 1274 et 1300 par Jacques II de Majorque, ce palais-forteresse incarne un rêve éphémère : transformer Perpignan en capitale continentale d'un petit royaume insulaire prospère. Mélange unique de gothique catalan et d'influences mudéjar (arte andalou), ce bâtiment carré de 60 mètres domine la plaine roussillonnaise où scintillait jadis une cour royale brève, brutallement engloutie par les guerres dynastiques. Thème : Premier palais-forteresse occidental | Gothique méditerranéen Jacques II, fils cadet du roi d'Aragon, hérite du royaume fragile de Majorque (Baléares + comtés continentaux). Refusant l'assujettissement aragonais, il décide de doter son petit royaume d'une capitale continentale plus prestigieuse que Palma. Il choisit Perpignan, port prospère où croisent Italiens marchands, Catalans négociants, Maures en exil. Entre 1274-1300, l'architecte Raymond Pau édifie ce palais révolutionnaire : premier édifice occidentalisant forteresse (remparts épais, créneaux, tours défensives) et palais résidentiel (cours, logements seigneuriaux, chapelles). Ceci précède le Palais des Papes d'Avignon (1334) et le château de Vincennes. Son architecture raconte une fusion culturelle. Nef romane initialement transformée en gothique tardive par les travaux. Deux chapelles superposées—la Chapelle Sainte-Croix du Roi surplombant celle de la Reine—incarnent hiérarchie spirituelle. Tour de l'Hommage de quatre niveaux, cour centrale carrée de 1 200 m², escaliers monumentaux en marbre, puits de 60 mètres. Trois cours intérieures permettaient circulation optimale : cours du Roi, cour commune, cour de service. Décor mudéjar (géométries arabes) orne frises polychromes. Entre 1276-1344, seuls 68 années de prospérité. Conflits aragonais, querelles dynastiques, invasions guerrières usent le jeune État. En 1344, après la mort de Jaume III, le palais revient aux rois d'Aragon. Intégré ensuite à la Citadelle Vauban (1667), le palais dort centenaires sous béton militaire. Découvert par archéologues en 1913, restauré partiellement depuis 1958, il demeure propriété du Département. Anecdote singulière En 1415, le palais devient théâtre diplomatique majeur : l'empereur Sigismond de Luxembourg et le pape d'Avignon s'y rencontrent pour résoudre le Grand Schisme d'Occident, dédoublement papale. Trois sessions secrètes dans la Salle du Trône aboutissent à compromis unifiant l'Église. Perpignan, capitale d'un petit royaume mourant, redevient brièvement capitale morale de la Chrétienté. Informations Pratiques Tarif : 7 € (adulte) | Gratuit (enfants < 18 ans, jeunes UE < 25 ans, chômeurs, handicapés) | 3,50 € (groupes 15+ personnes). Visite guidée incluse 11h-15h. Horaires : Juillet-août 10h-18h30 | Sept-oct, avril-juin 10h-18h | Nov-mars 10h-17h. Fermetures : 1er jan, 1er mai, 1er nov, 11 nov, 25 déc. Visite guidée lun-dim 11h, 15h. Durée : 1h (visite guidée) | 45 min (libre). Accès : Cour de la Réal, Citadelle, Perpignan centre. Gare SNCF 15 min à pied. Parking citadelle payant (gratuit w-end). Où un rêve de couronne méditerranéenne demeure prisonnier d'une forteresse vabanienne, témoin éternel de l'ambition brisée.

Date : Toute l'année • Tous les jours • Fermetures ponctuelles : 01/01/2026, 01/05/2026, 01/11/2026, 11/11/2026, 25/12/2026. Lieu : Rue des Archers 66000 Perpignan.