Remparts Petit Bayonne
Remparts du Petit Bayonne, Où la Nive et l'Adour gardent la mémoire en pierre des guerres oubliées Entre la Nive et l'Adour, le Petit Bayonne enferme ses flancs dans un corset de fortifications qui respirent cinq siècles de génie militaire. Depuis le XVIe siècle, les bastions majeurs, les casemates souterraines et les fossés inondables proclament l'inexpugnabilité que jamais assaillant ne défia réellement. C'est le cœur stratégique de Bayonne, le quartier où la pierre et l'eau se confondent en alliance défensive immuable. Architecture militaire progressive et fortification adaptée Les remparts du Petit Bayonne ne furent jamais un édifice unique, mais plutôt une succession sédimentaire d'ajustements successifs. Quand débuta leur construction ? Les sources divergent : certains évoquent le XIIe siècle, d'autres seulement le XVe siècle. Ce qui demeure certifié : trois sources documentaires attestent des progressions majeures. Premièrement, vers 1510, à l'époque de François Ier, le bastion du Château-Vieux surgit en forme de fer à cheval, protégeant l'angle sud du Petit Bayonne. Ses casemates conservaient les munitions et supportaient les arbalètes lourdes. Deuxièmement, sous le ministère de Dubois d'Avancourt vers 1630-1643, l'architecte Desjardins conçut le bastion Saint-Esprit monumental au confluent exact de l'Adour et de la Nive, créant une intersection défensive majeure. Troisièmement, le grand bastion Royal édifié par Deshoulières marqua une tentative ultime de mise en eau des fossés. Une crue brutale en 1677 interrompit définitivement cette ambition. L'ensemble se composait d'une tour bastionnée protégée par un bastion détaché en V, deux fossés communiquant directement avec l'Adour par des batardeaux mobiles, une galerie couverte de tir dans la contre-garde, quatre niches en plein cintre destinées aux pièces d'artillerie lourde. La porte Mousserolles, vestige de l'Adour, subsiste restaurée en 2022-2023 avec ses casemates superposées en fer à cheval. La longueur totale des remparts s'estime à 800 mètres environ, la hauteur moyenne à 6-8 mètres. La maçonnerie composite associe le calcaire blanc de Bidache aux schistes locales. L'inscription à la protection des monuments historiques date de deux arrêtés : décembre 1930 (portion Nive-Adour), mai 1931 (portions Adour). Cette dualité administrative demeure énigmatique aux visiteurs. Du rempart stratégique à promenade pittoresque urbaine Depuis la fermeture de la porte Marine en 1835 lors du reclassement complet du front défensif, les remparts perdirent progressivement leur utilité militaire. Un garage automobile s'implanta dans les années 1960, des équipements sportifs, des espaces verts modernes, des résidences privées s'installèrent dans les systèmes bastionnés ancestraux. Paradoxe patrimonial : la fortification s'était transformée en jardin. Les fêtes de Bayonne depuis 1881 utilisent les remparts comme scène naturelle, les cavalcades équestres sillonnant le chemin de ronde. La promenade de la Nive contemporaine (créée dans les années 1990) redessinait le paysage urbain : des cafés aux tables alignées, des miroirs d'eau reflétant la pierre ancienne, une intégration harmonie nouveau-ancien rarement réussie. Anecdote singulière Entre 1820 et 1835, chaque restauration successive fut datée et gravée dans la pierre de Bidache : les dates demeurent lisibles parcourant l'ensemble des remparts comme le sceau du temps maîtrisé et comptabilisé. Informations pratiques Tarif : Gratuit. Accès libre à la promenade de la Nive permanente. Secteur sauvegardé intégral de la zone. Boulevard Lachepaillet, quai Amiral-Bergeret, 64100 Bayonne. Durée de la promenade : 45 minutes complète. Stationnement : place Paul-Bert, parking Chap-de-Foire adjacents. Vues panoramiques remarquables : amont de la confluence de l'Adour, terrasse de la porte Mousserolles. Où deux fleuves éternels chantent la vaillance invaincue des pierres qui les dominent encore
Date : Toute l'année • Tous les jours. Lieu : Allée Catherine de Bourbon 64100 Bayonne.