Ville fortifiée de Dun-sur-Auron

Dun-sur-Auron : Bastion capétien au bord de l'Auron Sur un plateau calcaire dominant les boucles de l'Auron, Dun déploie depuis le XIe siècle sa silhouette de ville fortifiée qui servit de verrou stratégique aux rois capétiens face aux féodaux du Berry. Rattachée au domaine royal en 1101, la cité devint immédiatement un bastion avancé que Philippe Auguste décida de renforcer massivement entre 1202 et 1203, faisant édifier une triple enceinte de murailles flanquées de tours et surtout une colossale Grosse Tour circulaire de trente-deux mètres de diamètre et trente-cinq mètres de hauteur, couronnée d'un toit de plomb, probablement inspirée du château du Louvre parisien contemporain. Cette forteresse imprenable témoignait de la volonté royale de tenir solidement cette marche orientale du royaume face aux ambitions bourguignonnes et berrichonnes. Le centre médiéval conserve admirablement son tissu urbain originel : remparts percés d'archères caractéristiques du XIIIe siècle, trois tours défensives survivantes dont la tour de la Meusnerye, la tour du Bergier et la tour Colin, beffroi-porte de l'Horloge construit au début du XIIIe siècle comme accès monumental à la seconde enceinte, ruelles pavées bordées de maisons anciennes. La prospérité médiévale de Dun s'explique par les privilèges accordés par les rois successifs, notamment la suppression de la taille militaire qui attira marchands drapiers et artisans enrichis, transformant la petite place forte en florissante cité commerçante dont la famille de La Pole, originaire de Dun, partit faire fortune en Angleterre où elle fonda le comté de Suffolk. Dominant le paysage urbain depuis son emplacement hors les murs, la collégiale Saint-Étienne édifiée aux XIe-XIIe siècles déploie son architecture romane avec chevet d'inspiration poitevine orné de chapiteaux sculptés et modillons. Le clocher-porche gothique érigé en 1397 par le maître-œuvre Pasquault grâce au financement des habitants modifia radicalement la silhouette de l'édifice, tandis que chapelles latérales à immenses baies flamboyantes furent ajoutées au XVIe siècle avant que les guerres de Religion n'endommagent gravement l'ensemble, nécessitant reconstruction partielle au XVIIe siècle. Anecdote La Grosse Tour édifiée par Philippe Auguste vers 1200, monument emblématique de la puissance militaire dunoise visible à des kilomètres à la ronde, fut détruite en 1794 sur ordre révolutionnaire, ne laissant aujourd'hui que quelques traces de fondations au sommet des remparts. Cette démolition priva Dun de son symbole architectural majeur, tour comparable par ses dimensions aux plus imposants donjons royaux français et dont la disparition illustre tristement les ravages du vandalisme révolutionnaire contre le patrimoine féodal jugé symbole d'oppression aristocratique. Informations pratiques Tarif : accès libre aux remparts, ruelles médiévales et collégiale Saint-Étienne, visites guidées proposées par l'office de tourisme en saison. Horaires et accès : la ville se visite librement toute l'année, collégiale généralement ouverte en journée, consulter l'office de tourisme pour les visites guidées. Durée visite : prévoir 1h30 à 2h pour parcourir l'enceinte médiévale, longer les remparts, visiter la collégiale et flâner dans les ruelles pavées du centre historique. Entre courtines capétiennes et eaux paisibles de l'Auron, Dun perpétue la mémoire d'un Berry royal où Philippe Auguste bâtissait en pierre la puissance monarchique.

Date : Toute l'année • Tous les jours. Lieu : Dun-sur-Auron (18130 Dun-sur-Auron).